Toutes les bombes ne seront pas interdites à la Braderie de Lille 2017. Floriane Gabriels, directrice du Pôle événementiel de la Mairie de Lille a ainsi déclaré dans la Voix du Nord que les « graffitis festifs » sur les plots de sécurité en béton seront autorisés.

On ose à peine imaginer toutes les idées « festives » que vous allez nous pondre. Non, ne dites rien, on veut la surprise pour après la braderie (mais ne nous décevez pas).

Paix, amour et gentillesse dans le graffiti

La condition obligatoire ? Se conformer au respect de « l’esprit de la Braderie : la fête, l’amour, la convivialité, l’amitié » (sic). C’est dommage, on aurait adoré des thèmes un peu plus festifs et raccords avec la braderie, la vraie, comme « moules frites et haine de son prochain », « alcool et bonnes affaires », « occupation sauvage de l’espace public », « nuit d’amour au camping sauvage de l’Esplanade », ou encore « flûte de Pan et traces de sécrétion douteuses ».

Sérieux, déjà que ces plots en béton plombent bien l’ambiance, on aurait pu retrouver un peu de second degré. C’est pas comme si l’essentiel des bradeux allaient finir leur « événement festif » avec du vomi sur la chemise, l’air hagard, à la recherche d’un spot vandale pour pisser toutes les 15 minutes.

Non, à la place, Benjamin qui est en terminale L option arts plastiques va nous pondre une putain de compo sur le thème de l’amour universel et de la paix entre les Hommes. Bordel. Quand on vous disait que cette braderie 2017 était une source infinie de frustration

500 gros plots dans tout Lille

Ces blocs de bétons serviront à rassurer les gens éviter qu’un candidat potentiel au titre de « plus gros fils de pute du monde » ne remporte le prix avec les compliments du jury, permettront aux autorités de sécuriser le périmètre et d’organiser des check-points pour les véhicules. Sur le principe, c’est plutôt rassurant, et on pense à tous ces gars des services techniques de la ville qui vont être sur le pont pour l’occasion. Et sur l’aspect sécurité, rien ne semble avoir été laissé au hasard, avec 3000 policiers, gendarmes, douaniers et militaires mobilisés pour l’événement. La plupart en civil.

Une pensée aux familles des vitrines
Via Graffitrivre

Une customisation post-braderie

Ne sortez pas les Montana Hardcore, les Posca trafiqués et les marqueurs faits à base de cirage, la Mairie envisage un projet officiel, « après la Braderie », pour personnaliser les gros Duplo de béton, qui seront utilisés « pendant plusieurs années ». Fait chier, je pensais pas que ma ville ressemblerait si vite (et si longtemps) à une zone de guerre.

Ce qui est assez drôle, c’est d’imaginer que les mecs qui vont venir la besace remplie de bombes en spray vont se limiter à ces seuls blocs. Comme si les stores des commerçants n’allaient pas se faire taguer, ou les camions. Ou les jolis murs hydrogommés par des gars en TIG pour les mêmes raisons susnommées.

On a surtout le sentiment que la Mairie vient de relancer la guerre territoriale qui sévissait dans le graffiti lillois il y a encore peu ! La Ville risque de reprendre autant de couleurs qu’en 2004, après Lille2004, quand la municipalité s’est rendue compte qu’encourager le « street artizm » c’était cool, sauf que ces gars sont pas tenables.

Vivement.