11h du matin, votre petit déj’ frugal, composé d’une demie tranche de pain de mie, d’un fond de Nutella™ et d’un café serré, commence à se faire limite-limite dans l’estomac. Dans ces moments-là, on ne rêve que d’une chose, c’est de gras, de lourd, de cholestérol qui bouche les artères… Rien à foutre de la diététique et de l’impact que ça pourrait avoir sur notre santé. On redevient ce chasseur de barbaque avide de sang, sans limites, prêt à tout pour se sustenter.

 

Là, alors que vous êtes à deux doigts de mourir de faim, c’est le drame, vous ouvrez votre appli Facebook, et ça bave dans tous les sens dans les vidéos « food » : feuilletés de saucisse à la tome de savoie fondue, croque-monsieur aux spaghetti, pizza aux spaghetti, roulés de pâtes feuilletée aux spaghetti. Beurre fourré aux lardons et au Mont d’Or. Ou aux spaghetti. Bref, on nage en plein délire, et même les Canadiens d’Epic Meal Time, pourtant des grands malades des calories, n’ont jamais poussé le délire jusque là.

« Netflix & chips »

Et les « nouveaux » médias l’ont bien compris, puisqu’ils ont tous, au sein de leur networks, des magazines « food », pour combler nos envies irrépressibles de gras. On pourrait citer les principaux sites qui se vautrent dans ce délire, mais on est pas trop dans la délation. Surtout que vous avez forcément quelqu’un dans votre liste Facebook qui repartage religieusement chacune des vidéos de la maudite chaîne en question. Et qu’elle vous fait peut-être de l’effet, surtout quand elle est diffusée à 11h58, et que votre estomac a lancé un putsch (réussi) sur votre cerveau, et une OPA hostile sur votre sens du discernement. Oui, exactement quand tu fais tes courses avec le ventre vide, et que tu achètes plein de saloperies trop grasses, trop sucrées, trop salées… que tu vas te baffrer devant Netflix.

 

Jean-Pierre Coffe

 

Festival de la pâte feuilletée et du fromage fondu

Chez Boukachuk, nous serions mal placés pour vous dire qu’il faut absolument manger 5 fruits et légumes par jour, en plus de limiter votre apport en glucides et en lipides. En vérité, on s’en tamponne gentiment, et on est les premiers à faire péter la raclette au premier coup de frais de l’année (qui arrive vers le mois d’août, quand on vit dans le dunkerquois). Non, ce qui nous chagrine dans cette histoire, c’est que ces chaînes s’adressent clairement à des bras cassés de la cuisine, en leur faisant miroiter qu’avec 3 astuces à la con, un micro-ondes, de la pâte feuilletée, un couteau rouillé et du fromage industriel, tu vas éclater tout le monde à l’apéro. La vérité, c’est qu’en écoutant ces sirènes : 1/ tu perds ton temps, 2/ tu vas devenir gros, 3/ ta famille va te répudier, 4/ plus personne ne te fera jamais confiance, 5/ tu choperas jamais personne (si c’était ton but).

 

Tout n’est pas perdu !

La cuisine, c’est pas vraiment compliqué, pour peu que l’on accepte d’y passer quelques minutes. Merci Internet, des personnes bien intentionnées ont décidé de nous ouvrir la voie.

On a dégoté quelques « sauveurs », nos petites lumières au fond du tunnel, les personnes avec qui on aimerait partager un repas (ou 10) :

  • La Cocotte : notre (énorme) coup de cœur. Même si elle s’est retirée temporairement suite à quelques problèmes de santé, La Cocotte (Odile, de son prénom) est une mine d’or question petites recettes… qu’elles soient du Nord ou d’ailleurs. Elle arrive toujours à mettre de l’humour dans ses articles, et c’est un (double) régal de la lire, dans les colonnes de la Voix du Nord ou sur son blog. On lui souhaite un bon rétablissement, et on espère la relire prochainement.
  • Chef Simon : un véritable amoureux de la cuisine. Après 10 ans passés dans les restaurants gastronomiques, il est aujourd’hui enseignant en lycée professionnel. Il présente, sur son blog, de façon « gratuite, libre, sans abonnement et sans visa », ses recettes. Il a un don réel pour expliquer de façon translucide et intelligible, des techniques de cuisine pas toujours accessibles.
  • Munchies : le magazine « bouffe » made in Vice média. Pas vraiment de recettes ici, mais une ouverture sur la cuisine du monde, souvent personnifiée par Action Bronson, le gros rappeur barbu qu’on aurait tous aimé avoir comme copain. C’est la « culture bouffe », sans chichis, sans frontières et avec un véritable travail journalistique. Du beau boulot.
  • Jamie Oliver : la première fois que j’ai vu ce mec à la TV, façon britannique sous speed campé en animateur TV, je me suis dit qu’il avait rien compris. Puis, après avoir suivi ses émissions, je me suis dit qu’il avait tout compris. Pour lui, la « junk food » est un faux problème, et il prouve dans chacune de ses interventions ou dans chacun de ses bouquins, que ce n’est pas plus cher ni plus long de bien manger.